dimanche 3 mai 2009

Mendiants et orgueilleux

Albert Cossery

Gohar est devenu mendiant par choix, un acte de résistance au système qui gouverne en exploitant le peuple. Refuser les règles de la morale et de la société, vivre dans le dénuement le plus total, c’est la vraie liberté. Il n’a rien, il est libre, libre mais enchaîné à sa dose quotidienne de haschisch, sans laquelle il ne se contrôle plus, a des hallucinations et étrangle, sans aucun remord, la première personne qui lui tombe sous la main.
« J’aimerais qu’après m’avoir lu, les gens n’aillent pas travailler le lendemain » souhaitait Albert Cossery. Cet éloge de la paresse est plutôt sympathique, mais malgré une écriture limpide et colorée, des personnages plus pittoresques les uns que les autres, j’ai du mal à trouver que misère et sordide puissent rimer avec légèreté, joie de vivre et poésie. . . J’adhère d’autant moins que les héros mendiants et orgueilleux de Cossery sont aussi insupportablement misogynes :
« Gohar était reconnaissant aux femmes, à cause de l'énorme somme de bêtise qu'elles apportaient dans les relations humaines. Elles étaient capables de faire une scène de jalousie à un âne, rien que pour se rendre intéressantes.»