Désespéré, désespérant de la nature humaine.
Le héros du livre non seulement est nain, mais en plus d’une laideur repoussante, qui l’isole des autres, leur fait peur. Tout le monde le croit aussi méchant qu’il est laid et lui rend la vie impossible. Il va être acculé, progressivement, à se comporter comme le monstre dont il a l’air, pour survivre. A un moment donné pourtant, il croit avoir trouvé le langage qui lui permettrait de communiquer, de sortir de ce malentendu dans lequel il est enfermé : sa guitare devait lui servir d’interprète.
Il travaille la musique sans relâche pendant plusieurs années pour parvenir à exprimer, grâce à son instrument, l’humanité et la beauté qui sont en lui, pour enfin, peut-être, parvenir à se faire aimer. L’incompréhension l’emportera : il sera lapidé, mutilé, poussé au suicide.
Terrible, violent, cru, sans beaucoup de nuance. Les méchants le restent et la victime aussi, il n'y a plus d'espoir....
La dernière page tournée, je reste tout de même ébranlée.
Et puis, pourquoi Michel del Castillo définit-il son texte de "récit" et non pas de roman ?
Un récit est "une narration d'évènements réels ou imaginaires". En quoi La guitare n'est-elle pas un roman ? Le mot de récit ajoute-t-il une touche d'authenticité, de vraisemblance ?