jeudi 26 février 2009

Sur la plage de Chesil

Ian McEwan
Au début des années 60, on se mariait jeune et vierge. Les femmes presque toujours, les hommes à peine moins souvent. Dans ce roman, les deux membres du couple marié du matin même le sont tous les deux, vierges. Depuis un an qu’ils se connaissent, ils se sont parlé, beaucoup, de tout et de rien, de tout sauf de l’essentiel, de tout sauf de leur intimité. Lui retient son désir pour elle depuis un an, elle résiste au dégoût que son désir lui inspire tout en l’aimant sincèrement. Aucun des deux n’en parle à l’autre. Elle aborde leur nuit de noce comme une épreuve insurmontable, il l’attend comme un dû, enfin !
A deux reprises, on sent que le pire pourrait être évité, il suffirait juste d'un peu de patience et de douceur, et surtout de mots venus du fond de la confiance donnée à l’autre. Mais le roman bascule dans le mauvais sens, la séparation aura bien lieu sur la plage de Chesil.
Bien sûr, c’était une autre époque, une autre éducation. Cela ne pourrait plus se passer ainsi aujourd’hui, la sexualité n’est plus taboue.
Cela ne pourrait plus se passer ainsi ? La sexualité n’est qu’un prétexte, un alibi. L’incompréhension, le non-dit, la difficulté de communiquer, la frustration dans les relations d’amour entre les hommes et les femmes, c’est cela le vrai sujet du livre, c'est universel et intemporel.

mercredi 25 février 2009

La chambre claire


Roland Barthes
Quelques idées pour résumer :
  • Une bonne photo, c’est grâce au « studium », elle informe, représente, surprend, signifie, donne envie.
  • Une photo exceptionnelle, c’est, en plus, le « punctum », ce qui me « point » ( me meurtrit?). Le détail qui par sa seule présence arrive à changer la lecture de la photo, «comme si l’image lançait le désir au-delà de ce qu’elle donne à voir »… I like ou I love.
Une photo, pour Barthes, c’est surtout un rapport au temps : elle prouve que « ça a été », ne serait-ce que le temps de la pose. Surgissent alors les questions de rapport entre le réel et le vivant. La photo «dit la mort au futur» de son sujet.

Barthes écrit ce livre dans le contexte de la mort de sa mère, au moment où il retrouve une photo d’elle «qui lui redonne substance dans le présent». En cherchant l’essence de la photographie dans une photo privée, dans la « résurrection » de sa mère tant aimée, il écarte un peu vite la technique, la création de l’image, je trouve qu’il dépossède le photographe de la photographie.
La chambre claire parle surtout, et de façon poignante, d’amour, d’absence et du temps qui passe.