mercredi 23 octobre 2013

Le chat de Schrödinger


Philippe Forest

Ce n’est pas un roman, pas un essai, ni un traité de physique quantique, ce n'est pas un journal et pas un recueil de poésie non plus, tout en étant un peu de tout cela à la fois. 

On y croise un chat bien sûr, et aussi une femme à peine évoquée, un homme à moitié en dehors de sa vie, un enfant disparu et pourtant toujours présent. Le réel et l’imaginaire, l’ombre et la lumière, le sens de la vie, l’absurdité de la vie, autant d'atomes et d'ondes qui vibrent et se désintègrent  en même temps. 

Je me suis laissée prendre, j'ai accepté le vertige, les certitudes qui tombent, le voyage vers les mondes parallèles qui nous constituent. Cette ombre de chat dans l'obscurité du jardin, n'était-ce qu'une idée? L'homme que vous tenez dans vos bras est-il vraiment celui que vous croyez connaître ? 

Le chat de Schrödinger, à moins que ce ne soit celui de Philippe Forest, prétend qu'il est possible d'être l'un et l'autre à la fois, heureux et malheureux, ici et ailleurs, vivant et mort et, je le crois, physicien et poète.

vendredi 22 mars 2013

Au piano


Doris Day 
Jean Echenoz

Pourquoi ce titre, je ne comprends pas trop.
Bien sûr le héros est pianiste, de renommée internationale. Au début on croit que ce sera un roman sur le trac du pianiste de concert. Le trac qui transforme les  touches noires et blanches du clavier en de monstrueuses mâchoires !
Et puis très rapidement le piano disparait, ça dérape et ça dégénère, on se retrouve au purgatoire, pas si inerte que cela le purgatoire, il offrirait même de belles surprises bien charnelles…
Sur un mode si léger et plein d’humour, des questions existentielles : le paradis n’est-il pas d’un ennui profond ?  L’enfer n’est-il pas juste sur la terre à notre porte ? L’enfer, c’est certainement la disparition de cette Rose qui nous échappe pour de bon, juste au moment où nous l’avions enfin retrouvée après l’avoir poursuivie toute notre vie durant.
Je le sais maintenant, Echenoz au piano joue une sonate en plaisir majeur.

jeudi 21 mars 2013

La vérité et le mensonge

Umberto Eco dans La Grande Librairie du 21 mars, De la vérité romanesque :

Pour tout philosophe affolé par le problème de la vérité, la notion du mensonge est fondamentale. La seule notion de la vérité qui est absolue et qu'on ne peut pas discuter est la vérité romanesque.
Nous ne savons pas si Napoléon est véritablement mort à Sainte Hélène, mais nous savons qu'Anna Karénine s'est véritablement suicidée. Et je dis que le Dalaï Lama et le Pape peuvent discuter pendant des mois pour décider si le Christ est le fils de Dieu ou non, mais ils ne peuvent pas nier que Superman était Clark Kent.