jeudi 23 avril 2009

Façon de lire, façon d'écrire

Il y a les livres que je n’aime pas du tout, au point de les abandonner en route, comme ce fut le cas récemment pour L’appareil photo de Jean-Philippe Toussaint.
Ceci dit, abandon en route n’est pas forcément synonyme de rejet. Par exemple Kaput de Malaparte, c’est tellement violent, je n’ai pas encore réussi à aller jusqu’au bout, et pourtant l’écriture est envoûtante.
Il y a ceux que je termine, mais que j’oublie dès le livre refermé.
Il y a ceux qui me prennent toute entière, que je lis à toute allure la première fois, que je suis capable de relire à plusieurs reprises, dont je recopie des passages entiers.
Et puis il y a tous les « pas mal » ou « assez bien ».

L’avantage des romans de cette dernière catégorie, c’est que je reste assez distante pour les analyser un peu.
Par exemple, j’aime quand l’architecture du récit n’est pas linéaire, quelque soit la manière de déstructurer la progression de l’histoire. Parfois, c'est la chronologie qui est bouleversée. L’auteur fait des bonds de plusieurs années dans le passé, puis revient dans le présent, pour repartir dans un passé plus proche, comme les pièces d’un puzzle. Ou alors, l’auteur démantèle l’espace-temps : je pense à Une conversation amoureuse d’Alice Ferney, où elle raconte le dîner en tête à tête des deux héros en s’interrompant pour le récit, en parallèle, de ce que font tous les autres personnages au même moment.
Je décortique rarement la façon de construire les phrases. Récemment, j'ai remarqué les phrases courtes de Catherine Cusset dans Un brillant avenir, des phrases froides, peu d’adjectifs, beaucoup de verbes au présent, presque rien pour enjoliver, ça tombe avec une précision redoutable qui amplifie le choc du début du livre. C’est quand même un peu mesquin comme écriture, comme l’est son personnage principal d’ailleurs, si c’est exprès, chapeau !

Aucun commentaire: