lundi 21 juin 2010

Hors champ

Sylvie Germain
Excellente idée, cet homme qui disparait petit à petit, qui devient indifférent à tous, même à ceux qui l’aiment le plus, jusqu'au point de s’effacer de leur mémoire, en une semaine. Un personnage bien vivant qui s’évapore alors que dans les livres de Sylvie Germain précédents, c’était plutôt l’inverse : des fantômes qui s’incarnaient.
La première déception, c’est que cette superbe idée de départ ne débouche sur rien, on comprend très vite ce qui va se passer, et cela se passe, sans surprise.
La plus grosse déception, c’est de ne pas retrouver ce style inimitable de Sylvie Germain. J’aime tant ses phrases très riches comme dans La pleurante des rues de Prague.

Si j’avais lu Hors champ à l’aveugle, sans connaître le nom de l’auteur, jamais je ne l’aurais reconnue, c’est scientifiquement descriptif et froid comme un scalpel, il n’y a qu’au moment où le personnage principal regarde le fameux tableau de Courbet que Sylvie Germain retrouve un peu de sa couleur.
Bon, je reconnais que pour écrire l’histoire d’un mec qui s’évapore, les phrases poétiquement chargées ne sont peut-être pas l’idéal. Il faut du léger et du transparent, du rien. La marque d’un bon écrivain ne serait-elle pas justement cette capacité à adapter son style à son histoire ? Quand même, sa musique baroque m’a manquée.

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