Pas d'histoire réelle, des flashs qui reviennent
par bribes dans la mémoire d'une jeune fille au cours d'une
déambulation dans Paris. Fouillis, chaotiques, incontrôlables
pensées de cette jeune Alma obsédée, hantée par la mort, par la
mort dans les camps de concentration.
Deux scènes importantes : une rencontre avec
Martha Eichman, oui la petite fille, qui survient comme un coup de
tonnerre. Et le suspense du chien, régulièrement et habilement
insinué tout au long du livre, et qui ne tombe que vers la fin. Les
deux fois, une impression d'être, comme la narratrice, dans un
songe, à côté de la réalité, détaché. Scènes fortes mais
froides, troublantes mais sans émotion profonde.
Deux passages, deux raisonnements par l'absurde,
qui viennent conforter l'obsession d'Alma.
p. 52 L'auteure compare le mot allemand aussterben
et son équivalent en français disparaître. Dans aussterben
il ya mourir, pas dans disparaître. Alors elle enchaîne :
« Car pour qui met en place la solution finale, autrement dit le disparaître d'un peuple dans son intégralité, il est bon de savoir ce que disparaître signifie. Or ce qui ne disparaît pas intégralement ne peut pas disparaître du tout. La disparition ne peut pas être partielle. Si Hitler, Himmler, Heidrich et Eichman n'ont pas réussi à faire disparaître tous les Juifs d'Europe, cela revient à affirmer qu'ils n'ont fait disparaître aucun Juif. Et si mon raisonnement est valable pour les Juifs, je dois admettre à contrecoeur qu'il est aussi valable pour les nazis. Les nazis n'ont pas entièrement disparu ; ce qui revient à dire qu'aucun n'a disparu. »
p. 80
"Les noms qui ont fait le mal entrent dans notre mémoire de manière aussi intense que les noms qui ont fait le bien. Nous n'établissons aucune hiérarchie. Le nom Hitler n'est pas loin d'être aussi célèbre que le nom Jésus-Christ et le nom Michael Jackson. Je pense qu'aujourd'hui Hitler est un mythe au même titre que Jésus-Christ est un mythe et que Michael Jackson est un mythe : nous ne pouvons pas oublier ces noms parce qu'ils sont ancrés dans notre mémoire. Les 14 000 000 d'êtres humains exterminés entre 1941 et 1945 ne sont pas des mythes : nous ne connaissons pas leur nom. Ils sont poussière, ils sont chiffres. Voilà ce que nous avons fait. Nous avons fait des victimes un amas de chiffres, puis nous avons fait des bourreaux un amas de mythes."
Où finira l'errance
d'Alma et celle de ses pensées qui tournent en rond dans le vide
jusqu'à la folie….
C'est raté, il n'y a plus qu'à ..oublier vite ce livre et c'est dommage !

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